Pour une personne mesurant 1m57, la fourchette de poids considérée comme saine selon l’indice de masse corporelle se situe entre environ 45 et 61 kg. Cet écart de presque 16 kg montre à quel point le chiffre affiché sur la balance ne suffit pas à qualifier un état de santé. L’IMC, la morphologie, la composition corporelle et l’âge déplacent tous le curseur.
Pourquoi l’IMC seul ne définit pas le poids idéal pour 1m57
L’IMC reste l’outil de dépistage le plus répandu. On divise le poids en kilogrammes par la taille en mètres élevée au carré. Pour 1m57, un IMC entre 18,5 et 25 correspond à la plage dite normale. Ce calcul a le mérite de la simplicité, mais il présente des angles morts documentés.
La HAS, dans son guide « Surpoids et obésité de l’adulte » mis à jour en 2024, recommande de considérer ensemble l’IMC et le tour de taille plutôt que de déduire l’état de santé d’un seul chiffre.
L’IMC ne renseigne ni sur la répartition de la graisse ni sur la proportion de masse musculaire. Une personne à 1m57 pesant 58 kg avec une activité physique régulière et une masse musculaire développée n’a pas le même profil métabolique qu’une personne sédentaire au même poids.
Le tour de taille aide à repérer l’adiposité abdominale, que l’IMC ne révèle pas. C’est cette graisse viscérale qui est associée aux risques cardiovasculaires et métaboliques, bien plus que le poids brut. Quand on cherche à évaluer le poids idéal pour 1m57, croiser ces deux indicateurs donne une image plus fiable que n’importe quelle formule isolée.

Formules de calcul du poids idéal : ce qu’elles mesurent vraiment à 1m57
Plusieurs formules coexistent et produisent des résultats différents pour une même taille. C’est normal : elles n’intègrent pas les mêmes paramètres.
Formule de Lorentz
La formule de Lorentz distingue hommes et femmes et produit un poids théorique légèrement supérieur pour un homme que pour une femme de même taille. Elle ne tient compte ni de l’âge ni de la corpulence, ce qui en fait un repère très approximatif.
Formule de Creff
La formule de Creff ajoute deux variables : l’âge et la morphologie (fine, normale ou large). L’écart entre une morphologie fine et large est significatif à taille égale. Une personne à ossature large qui vise le résultat obtenu pour une morphologie fine risque de poursuivre un objectif inadapté à sa constitution.
Formule de Monnerot-Dumaine
Cette formule intègre la circonférence du poignet comme indicateur de la structure osseuse. Elle produit des résultats généralement plus proches de la réalité individuelle, mais reste peu utilisée en consultation.
Aucune de ces formules ne constitue un diagnostic. Elles fournissent des repères, pas des objectifs thérapeutiques. Le poids auquel une personne se maintient durablement sans restriction alimentaire excessive correspond souvent mieux à son poids de forme que le résultat d’un calcul.
Composition corporelle et morphologie : les variables que les formules ignorent
Le poids de forme fluctue naturellement. Le corps humain varie de quelques kilogrammes au fil des saisons, des cycles hormonaux et du niveau d’activité physique. Un concurrent (Decathlon Conseil Sport) situe cette variation entre 2 et 3 kg, ce qui relativise l’idée d’un chiffre fixe à atteindre.
La masse musculaire pèse plus que la masse grasse à volume égal. Une personne de 1m57 qui pratique la musculation ou un sport de résistance peut peser 58 ou 60 kg tout en ayant un taux de masse grasse bas et un tour de taille dans les normes. L’IMC la classerait en surpoids, alors que sa composition corporelle est favorable.
Pour évaluer cette composition, plusieurs méthodes existent au-delà du simple pèse-personne :
- La mesure du tour de taille, recommandée par la HAS, qui identifie l’adiposité abdominale sans matériel spécifique
- L’impédancemétrie bioélectrique, disponible dans certains cabinets médicaux et salles de sport, qui estime les proportions de masse grasse, masse musculaire et eau corporelle
- Le rapport tour de taille/tour de hanches, qui affine l’évaluation du risque métabolique en tenant compte de la répartition des graisses
Ces mesures complémentaires permettent de dépasser la limite principale de l’IMC : un chiffre dans la plage normale ne suffit pas à conclure que le risque métabolique est faible.
Fourchette de poids santé à 1m57 : adapter l’objectif à son profil
Les approches actuelles en nutrition s’éloignent de l’idée d’un poids cible unique. La HAS préconise une évaluation plus large qui inclut le retentissement médical et fonctionnel, la santé psychologique, le comportement alimentaire et la trajectoire pondérale. Stabiliser son poids peut déjà constituer un objectif pertinent dans certaines situations.
Pour une personne de 1m57, voici ce que produisent les différents indicateurs :
- Fourchette IMC normal : environ 45 à 61 kg, soit un écart large qui montre les limites d’un critère unique
- Formule de Lorentz : un résultat théorique qui varie selon le sexe, sans prise en compte de l’âge ou de la corpulence
- Formule de Creff : un résultat variable selon l’âge et la morphologie (fine, normale ou large)
Ces chiffres ne sont pas des objectifs à atteindre coûte que coûte. Le poids auquel le corps se stabilise naturellement, avec une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, constitue un indicateur souvent plus pertinent qu’un calcul théorique.

Quand consulter un médecin pour évaluer son poids à 1m57
Les formules en ligne et les calculateurs donnent une première orientation. La consultation médicale devient pertinente dans des cas précis : variation pondérale rapide et inexpliquée, tour de taille élevé malgré un IMC dans la norme, troubles du comportement alimentaire, ou pathologies associées au poids (diabète, hypertension).
La prise en charge recommandée par la HAS est individualisée et ne se réduit pas à un objectif chiffré de perte de poids. Un médecin ou un nutritionniste peut évaluer la composition corporelle, adapter les recommandations à l’âge et à l’activité physique, et fixer des objectifs réalistes qui tiennent compte de l’historique pondéral.
Le poids idéal pour 1m57 n’est pas un nombre unique affiché par un calculateur. C’est une fourchette personnelle, construite à partir de la morphologie, de la composition corporelle et des habitudes de vie. Le chiffre sur la balance est un point de départ, pas un verdict.



